Arksiders, un jeu d’aventure immersif dans les Pyrénées-Orientales
Arksiders : une activité grandeur nature immersive à découvrir dans le 66
J’ai enfilé mon masque, tendu la corde de mon arc entre les doigts et avancé sur le terrain. En quelques secondes, les bruits du quotidien se sont dissipés : je n’étais plus dans les Pyrénées-Orientales, mais au cœur d’un monde où chaque geste déclenche une montée d’adrénaline. Arksiders n’est pas qu’une simple sortie, c’est un jeu d’aventure immersif qui vous propulse dans une réalité parallèle. Comment cette petite entreprise du pays catalan réussit-elle à créer une telle parenthèse hors du temps ? Pour le comprendre je vous dévoile dans cet article son parcours, ses missions, et l’expérience unique que j’y ai vécue.
C’est l’histoire d’une bande d’ados qui rêvait d’action
Guillaume a créé Arksiders en 2015, il en est aussi le développeur, l’arbitre, l’animateur et le garant de la sécurité. Quand il me parle de ses débuts, son regard trahit immédiatement la passion qui l’anime. Il se revoit adolescent, avec sa bande d’amis, imaginant un lieu où l’on pourrait enchaîner des activités ludiques à volonté, passer des journées entières à jouer, bouger, s’inventer des récits. Leur idée d’en faire un projet associatif avait même fait son chemin pour le présenter à la mairie. L’initiative n’a pas abouti, mais le rêve, lui, est resté tapissé quelque part dans un coin de sa tête.
Des années plus tard, devenu adulte, Guillaume repense à cette ambition de concevoir diverses animations. Il imagine d’abord un paintball innovant où les joueurs pourraient faire évoluer leur personnage grâce à un équipement personnalisable. Très vite, une autre idée s’impose : créer un loisir accessible aux plus jeunes. Il cherche quelque chose de moins guerrier, plus doux, mais tout aussi captivant. C’est ainsi que naît le concept du tir à l’arc avec des flèches aux embouts en mousse. Un divertissement pensé pour les enfants et qui, contre toute attente, séduit immédiatement les plus grands.
Moins de violence, plus de fun, et un impact réduit sur l’environnement : Guillaume comprend qu’il tient quelque chose. Il développe alors son propre jeu d’aventure immersif, sans même savoir que le « battle archery » existait déjà ailleurs. Il bricole, teste, ajuste. Puis, petit à petit, passe du prototype artisanal à un matériel professionnel conçu par lui-même.
Les retours du public dépassent toutes ses attentes. En un an seulement, il réalise que son projet mérite d’être poussé plus loin. Il fait évoluer son équipement, affine son concept et adapte son modèle. Pendant 10 ans, l’entreprise fonctionne en itinérance et se déplace partout où les clients sollicitent une intervention. À chaque nouvel endroit, Guillaume observe et ajuste sa formule.
« Ce ne sont pas juste des années d’activité, ce sont des années de recherche et de développement », me dit-il en souriant. Et c’est justement ce travail invisible qui donne aujourd’hui à son jeu cette intensité si particulière.
Le battle archery, version jeu d’aventure immersif
Le battle archery se définit souvent comme un paintball revisité : deux équipes, des arcs, des flèches aux embouts en mousse, quelques planques, un objectif. Mais chez Arksiders, le principe se transforme en une véritable mission scénarisée bien plus riche qu’un simple affrontement.
La zone de jeu ressemble à un petit village. On se faufile à travers les obstacles, on disparaît, on réapparaît. Personne n’est cantonné à sa base, les joueurs peuvent circuler librement, explorer, contourner. On se retrouve dans un univers vivant, un théâtre de mouvement où tout peut arriver. Le matériel, entièrement customisé par Guillaume, contribue à cette ambiance unique. Les masques personnalisés font office de peintures de guerre. Les arcs, les flèches, les abris, et même les sabliers qui trônent dans chaque camp nous font voyager dans un futur fantastique et tribal. Dès qu’on y entre, on comprend qu’on n’est pas là pour une simple partie, mais pour s’immerger totalement.



L’activité est familiale et inclusive. On peut participer à partir de 8 ans. Les modes de jeu ne se contentent pas d’opposer des adversaires. Ils installent des quêtes, des intrigues, une dynamique constante : il se passe toujours quelque chose. Pas d’élimination définitive, et c’est tant mieux : les sabliers offrent un système de « Respawn », les joueurs « renaissent » et repartent au combat. On paie pour jouer, pas pour rester sur le banc et ça change tout. Cela donne de la profondeur, du rythme, un enjeu supplémentaire.
Mais derrière l’amusement, Guillaume glisse volontairement des thématiques plus subtiles. Les mises en scène parlent de conflits, de possession, de territoire. « Je crée des conflits pour que les gens apprennent à les résoudre », me confie-t-il. On y retrouve le fair-play, bien sûr, mais aussi le courage. Selon lui, notre société catégorise si mal la violence qu’on ne la regarde plus en face : on la fuit jusqu’à ce qu’elle explose. Jouer ici, c’est apprendre à aborder un problème directement, à comprendre ce qui se joue et à y répondre en groupe.
Arksiders continue à se déplacer. Son mode nomade apporte une adaptation remarquable, capable de s’intégrer dans n’importe quel paysage du territoire méditerranéen, avec une mise en place simple et intuitive. On trouve aussi désormais un site sédentaire dans la commune de Bages, à 15 minutes de Perpignan, au cœur des PO. L’emplacement est pensé comme un petit monde à part, avec son coin détente, son ambiance prenante, et cette promesse d’une découverte qu’on ne vit nulle part ailleurs.
Mon expérience du combat à l’arc dans
le sud de la France
J’ai enfilé l’équipement. Rien de compliqué ou de lourd, mais quelque chose s’était déclenché dans mon cerveau. Tout mon corps était déjà prêt à bouger avant même que je mette un pied sur la parcelle. J’ajuste mes protections, je prends l’arc, et déjà je me glisse dans un rôle que je m’apprête à découvrir.
Lorsque j’entre sur le terrain, j’ai l’impression de traverser une scène de film. Le cadre, la tension, le silence avant la bataille, j’ai la sensation que la caméra pourrait surgir de n’importe où. Je deviens cette actrice principale qu’on suit, celle qui avance dans un scénario qu’elle découvre.
Les premières flèches n’étaient pas bien encochées, elles tombent lamentablement devant moi, et j’éclate de rire. Après quelques tirs, le mouvement devient plus naturel. La corde claque d’un son franc et propre. J’aime ce bruit. Il ancre le geste dans chacune de mes fibres. Nous étions une dizaine : enfants, ados, adultes, grands-parents. Un vrai mélange qui, contre toute attente, crée une énergie étonnante. Au début, chacun cherche, hésite, scrute. Je sens vite que je n’ai pas envie de rester en retrait. J’avance. Je quitte ma cachette et je me faufile vers le centre, avec ce ressenti étrange d’être une héroïne. Évidemment, je prends quelques flèches. Juste un petit coup sec, et la surprise plus que la douleur. Dès ma première erreur de tir, la corde a tapé sur la protection d’avant-bras, pas sur ma peau. Pendant un instant, j’entends à nouveau les conseils donnés pendant l’initiation.
Je communique avec les autres joueurs. Je me surprends à élaborer des stratégies, et à lancer quelques ordres. Je m’implique davantage que je ne l’aurais cru. Je cours, je m’accroupis, je repars, j’oublie tout le reste. Mon souffle devient plus court, mes muscles plus présents, l’adrénaline pulse à travers moi.
Je vis vraiment ce qui se passe. Le décor est devenu un espace pensé pour raconter une histoire dans laquelle je suis littéralement plongée. Chaque détail semble servir à intensifier l’immersion : les refuges, la disposition des arbres, les zones d’ombre où je me glisse, le temps que mon rythme cardiaque ralentisse un peu.
Quand la session se termine, je sens encore mon cœur taper dans ma poitrine. Comme s’il essayait encore de suivre la progression du jeu alors que tout s’est déjà arrêté. Mes doigts gardent la forme de la poignée de l’arc : une tension fantôme. Je souffle fort, l’air me brûle un peu les poumons. J’ai également cette pellicule tiède de transpiration dans le dos qui me rappelle que j’ai vraiment couru, visé, tiré. Le terrain reprend lui aussi sa respiration, il me paraît flou sous l’effet de l’effort. Le parfum des herbes écrasées remonte. Mon organisme entier continue de vibrer. J’ai les jambes lourdes mais légères en même temps, comme si elles voulaient se relancer dans l’action. Je réalise que j’ai vécu une profonde échappée. Une de celles qu’on sent encore longtemps après, dans les muscles et dans l’esprit.
Du rêve d’adolescent à la réalité entièrement assumée, Arksiders incarne une aventure profondément humaine. Son évolution, aussi inattendue que remarquable, s’appuie sur une maîtrise totale : conception du matériel, règles affinées, modes de jeu toujours plus envoûtants.
Le résultat ? Un jeu d’aventure immersif digne d’un véritable jeu de rôle, où chacun devient le héros de sa propre existence.
Et ce n’est qu’un début, Arksiders regorge de projets ambitieux pour l’avenir, que je ne manquerai pas de vous partager lorsque le moment sera venu.
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- Crédit photos : Adeline – Dilly Multimedia